Consentement chez l’enfant : apprendre à dire oui, non et stop

Le consentement chez l’enfant est un apprentissage qui peut commencer très tôt, dans des situations simples du quotidien. Un bisou que l’on n’a pas envie de faire, un jeu qui devient inconfortable, quelqu’un qui entre dans son espace personnel… Apprendre à reconnaître ses limites et à respecter celles des autres aide progressivement l’enfant à comprendre une notion essentielle : son corps lui appartient.

Pour les parents, les enseignants et les professionnels qui accompagnent les enfants, le sujet peut pourtant sembler délicat. Quels mots employer ? Jusqu’où aller dans les explications ? Comment parler de sécurité sans créer de peur ? L’objectif n’est pas d’inquiéter l’enfant, mais de lui donner des repères simples qui lui permettront de mieux comprendre ses ressentis et de savoir comment réagir.

Pourquoi parler du consentement chez l’enfant ?

Le consentement ne concerne pas uniquement les adolescents ou les adultes. Bien avant cela, l’enfant expérimente quotidiennement les notions de limites, de respect et d’espace personnel.

Lui apprendre qu’il peut exprimer son accord ou son désaccord l’aide à développer son autonomie et sa capacité à s’affirmer. Mais cet apprentissage fonctionne dans les deux sens : comprendre ses propres limites, c’est également apprendre à respecter celles des autres.

Quelques situations très ordinaires permettent d’aborder le sujet : demander avant de faire un câlin, accepter qu’un camarade ne souhaite plus jouer, respecter l’intimité dans certaines situations ou comprendre qu’un « non » doit être entendu.

Ces petits apprentissages construisent progressivement une culture du respect.

Apprendre à écouter les signaux de son corps

Avant même de savoir expliquer précisément pourquoi une situation le dérange, un enfant peut ressentir que quelque chose ne va pas. Une sensation étrange, une envie de s’éloigner, de la peur, de la gêne ou simplement un inconfort peuvent constituer des signaux importants.

L’aider à identifier ces sensations lui permet progressivement de faire confiance à ce qu’il ressent.

On peut notamment l’encourager à :

  • identifier les situations dans lesquelles il se sent bien ou mal ;
  • mettre des mots sur ses émotions ;
  • reconnaître lorsqu’une situation devient inconfortable ;
  • exprimer clairement une limite ;
  • chercher l’aide d’un adulte de confiance lorsqu’il en ressent le besoin.

Il ne s’agit donc pas seulement d’apprendre à dire « non ». L’enfant apprend aussi à écouter ce qu’il ressent et à comprendre que ses émotions peuvent lui transmettre des informations importantes.

Dire non à un adulte : pas toujours aussi évident

« Tu as le droit de dire non. » Sur le papier, la consigne paraît simple. Dans la réalité, elle peut être beaucoup plus difficile à appliquer.

Les enfants apprennent également à écouter les adultes, à respecter les règles et à être polis. Ils peuvent donc avoir du mal à comprendre qu’ils ont parfois le droit de refuser une interaction, même face à une personne qu’ils connaissent.

C’est là que l’accompagnement de l’adulte devient essentiel. On peut expliquer qu’il existe une différence entre refuser une règle du quotidien et poser une limite concernant son corps ou une situation qui provoque un véritable inconfort.

Parler du consentement chez l’enfant, c’est donc aussi lui montrer que sa parole compte et qu’il peut demander de l’aide lorsqu’une situation lui semble anormale.

Les secrets, les surprises et les personnes de confiance

Tous les secrets ne provoquent pas les mêmes émotions. Préparer en cachette un cadeau d’anniversaire n’a évidemment rien à voir avec le fait qu’une personne demande à un enfant de garder pour lui quelque chose qui lui fait peur ou le met mal à l’aise.

Apprendre à faire cette distinction peut constituer un repère précieux. Un secret qui inquiète, fait peur ou provoque de l’inconfort peut être partagé avec un adulte de confiance.

Il est également intéressant d’aider l’enfant à identifier son propre réseau de confiance. Qui peut-il aller voir s’il rencontre un problème ? Un parent, un enseignant, un membre de sa famille ou un autre adulte de confiance ?

Savoir à qui parler est tout aussi important que savoir que l’on a le droit de parler.

Comment aborder le consentement sans inquiéter les enfants ?

Parler de sécurité corporelle ne signifie pas présenter le monde comme dangereux. Au contraire, l’objectif est de transmettre des outils qui permettent à l’enfant de se sentir davantage en sécurité et en confiance.

Les discussions peuvent partir de situations ordinaires, d’une histoire, d’une question posée spontanément ou d’un support adapté à son âge. L’important est de privilégier un vocabulaire clair, de laisser l’enfant poser ses questions et d’éviter de transformer la conversation en un discours anxiogène.

Un livre peut justement créer une certaine distance. L’enfant ne parle plus nécessairement directement de lui : il peut réfléchir à une situation vécue par un personnage, donner son avis et imaginer ce qu’il ferait à sa place.

« C’est mon corps, c’est moi qui décide ! » : un support pour ouvrir le dialogue

C’est précisément l’objectif de l’album psychoéducatif C’est mon corps, c’est moi qui décide !, de Jayneen Sanders, illustré par Farimah Khavarinezhad et publié aux Éditions Midi trente.

Destiné aux enfants à partir de 6 ans, l’ouvrage permet d’aborder le consentement, le respect du corps et de l’espace personnel ainsi que la sécurité corporelle avec des explications accessibles. Il invite notamment les jeunes à reconnaître les signaux de leur corps, affirmer leurs limites, distinguer les bonnes surprises des secrets inappropriés et identifier les personnes vers lesquelles se tourner en cas de besoin.

L’intérêt de l’ouvrage réside également dans l’accompagnement proposé aux adultes. Des questions et pistes de réflexion permettent d’utiliser la lecture comme point de départ d’une véritable discussion avec l’enfant.

À la maison, en classe ou dans le cadre d’un accompagnement professionnel, le livre peut ainsi devenir un support pour parler d’un sujet essentiel sans placer l’enfant dans une situation inconfortable.

Donner aux enfants des repères qui les accompagnent en grandissant

Travailler le consentement chez l’enfant, ce n’est pas lui demander de se méfier constamment des autres. C’est lui apprendre progressivement que son corps, ses émotions et ses limites méritent d’être respectés, tout comme ceux des personnes qui l’entourent.

Ces apprentissages se construisent dans le temps, à travers les discussions et les situations du quotidien. Plus les mots sont simples et les échanges naturels, plus l’enfant peut intégrer ces repères et développer sa capacité à s’affirmer.

Parce qu’apprendre à dire « oui », « non » ou « stop », c’est aussi apprendre à se connaître, à respecter l’autre et à comprendre que sa parole compte.

Découvrez l’ouvrage C’est mon corps, c’est moi qui décide ! sur Pirouette Éditions.

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